Le pistolet à silex Murdoch des Highlands



Ce pistolet est une copie de qualité "musée" de celui que portait Duncan McNicoll de 1757 à 1763 lors des combats en Nouvelle-France

L'aspect si particulier de ces pistolets écossais n'est en fait que le résultat d'une longue évolution, influencée par de bien différentes sources. Car si ces premiers pistolets écossais ne datent que du début du XVIe siècle, ils possèdent, comme les autres, une crosse et un fût en bois avec toutefois une platine "ENGLISK LOCK" c'est-à-dire à chenapan. Par contre on y trouve déjà les fameux crochets de ceinture, si chers et si particuliers par la suite, aux pistolets de marine. Ces armes se portant, en principe, par paire, les platines sont donc généralement inversées (une à droite et l'autre à gauche), système bien commode pour le port à la ceinture, mais surtout n'en doutons pas, pour les mettre plus rapidement en œuvre.

Il fallut attendre la moitié du XVIIe siècle pour que la platine à silex (de type écossais quand même) remplace enfin celle à chenapan, et, en même temps, que le bois de la crosse et du fût soit remplacé par du métal. Par contre, la gâchette reste bizarrement à déplacement latéral (horizontal), c’est-à-dire muni d'un cran de repos monté à l'extérieur et agissant sur une entaille pratiquée dans le ventre du chien.



Le cran d'arme, dans la gâchette elle-même, agit elle, au contraire vers l'intérieur, directement sur la noix. La plaque constituant la monture est bien entendu signée "IO MURDOCH". Les calibres semblent n'avoir jamais été très nombreux et sont toujours entre le 16 et 58. Pourquoi, allez-vous certainement me demander, que le bois de la crosse et du fût se remplace, tout d'un coup par du métal, plutôt que de rester en simple bois comme toutes les autres armes ?



Là, deux réponses subsistent à travers les écrits :

· la première que je qualifierai quelque peu de légendaire, étant que certains richissimes Écossais prenaient un extrême plaisir à se faire fabriquer des armes de poing en métaux assez précieux, alors que d'autres, moins fortunés ou plus sensés, préféraient eux, s'en faire fabriquer d'aussi beaux, mais tout en restant dans des matériaux plus classiques et ayant tout de même un aspect aussi valable que les autres.

· Personnellement, j'obtempérerais pour la deuxième solution qui trouve (à mes yeux) un symbolisme plus valable, bien qu'ayant malheureusement beaucoup moins de panache.

Toutes les personnes ayant étudié les méthodes d'époque écossaise de combats, se souviennent bien que tous les moyens (je dis bien tous les moyens et tous les coups étaient permis). Et lorsque le simple soldat écossais reçut, en son temps, un pistolet en plus de sa dotation armurière, ce dernier était jugé plus encombrant qu'utile.

Il le portait alors simplement accroché par un cordonnet sur la poitrine, sur la bretelle de son paquetage (giberne), et le plus souvent même, armé et simplement glissé dans l'échancrure de sa chemise. Son fusil déjà, selon son goût, trop long à recharger, lui servait bien plus souvent de massue, que d'armes de tir au sens propre. Tous les assauts, toutes les charges, s'effectuaient alors en hurlant, pour d'une part, combattre leur propre peur et surtout tenter de terroriser l'ennemi. Leurs méthodes étaient immuables. Ils s'élançaient sur le terrain en hurlant et gesticulant, déchargeaient presque à bout portant leurs fusils sur les rangs de l'ennemi, pour s'en servir, ensuite comme d'une simple masse d'arme (puisqu'ils n'avaient jamais, pour ainsi dire, de baïonnette) qu'ils considéraient, elle aussi, comme totalement superflue de par leur épée qu'ils jugeaient, elles, bien plus maniable.



Puis, jetant leur fusil sur l'ennemi le plus proche, ils dégainaient de la main droite leur très forte épée souvent nommée "CLAYMORE", en saisissant, en même temps, le pistolet qui ne servait qu'à se protéger le temps de tirer l'épée. Le pistolet déchargé, lui aussi à bout portant, a été expédié tout aussi rapidement dans les gencives (ou autres) du plus proche adversaire. D'où, bien entendu, une certaine obligation d'avoir des armes, dites de tir, assez résistantes à ces manipulations. La monture métallique de ces pistolets, quasiment indestructibles, restèrent longtemps ainsi, surtout par coutume et habitude.

Et le premier Arquebusier ayant trouvé ce truc "de combat" fut bien entendu le sieur THOMAS MURDOCH, qui œuvra de 1752 à 1812. Ses trois fils prirent, en leurs temps, la relève de leur célèbre père, en continuant la tradition. À tel point que ces pistolets sont toujours actuellement considérés comme typiques de l'Écosse. Mais c'est quand même le père qui reste le plus connu, pour y avoir dit-on fabriqué le pistolet qui tira le premier coup de feu le 19 avril 1775 à la bataille de LEXINGTON.